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Maison romano-gothique de Toulouse en Haute-Garonne

Patrimoine classé Maison classée MH Maison Romane Maison Gothique

Maison romano-gothique de Toulouse

    15 Rue Croix-Baragnon
    31000 Toulouse
Propriété privée
Maison romano-gothique de Toulouse
Maison romano-gothique de Toulouse 
Maison romano-gothique de Toulouse 
Maison romano-gothique de Toulouse 
Maison romano-gothique de Toulouse 
Maison romano-gothique de Toulouse 
Maison romano-gothique de Toulouse 
Maison romano-gothique de Toulouse 
Maison romano-gothique de Toulouse 
Maison romano-gothique de Toulouse 
Maison romano-gothique de Toulouse 
Maison romano-gothique de Toulouse 
Maison romano-gothique de Toulouse 
Maison romano-gothique de Toulouse 
Maison romano-gothique de Toulouse 
Maison romano-gothique de Toulouse 
Crédit photo : Didier Descouens - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
début XIVe siècle
Construction initiale
1477
Premier propriétaire identifié
1650
Division de la propriété
milieu XVIIe siècle
Rénovation majeure
1923
Ajout d’un troisième étage
1997-1998
Restauration et classement total
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le deuxième étage de la façade : classement par décret du 7 décembre 1923 - L'immeuble (cad. 815AB 213) : classement par arrêté du 3 mars 1997

Personnages clés

Jacques Bénazet - Propriétaire en 1477 Membre d’une famille de capitouls toulousains.
François d’Aldéguier - Trésorier de France, XVIIe siècle Responsable des transformations majeures de la maison.
Clément-Marie Leblanc - Conseiller au Parlement de Toulouse Exécuté en 1794 pendant la Terreur.
Antoine Roubert - Maître apothicaire, XVIIe siècle Propriétaire après division de 1650.
Étienne de Vézian - Seigneur de Mazade Divise la propriété en 1650.

Origine et histoire

La maison romano-gothique, située au 15 rue Croix-Baragnon à Toulouse, est l’une des plus anciennes constructions civiles de la ville, datée du début du XIVe siècle. Elle illustre une architecture de transition entre les styles roman et gothique, marquée par une décoration sculptée exceptionnelle sur ses chapiteaux et bandeaux. Ce décor, réalisé par un atelier de sculpteurs actifs dans la région, mêle motifs végétaux, animaux réels ou fantastiques, et scènes musicales ou cynégétiques. La maison était initialement composée de deux corps de bâtiment : l’un en brique sur rue, l’autre en bois sur cour, avec une cave antérieure conditionnant sa structure.

Au XVIIe siècle, la maison subit d’importants remaniements sous l’impulsion de François d’Aldéguier, trésorier de France. Le corps de bâtiment sur cour est alors reconstruit en brique, et la distribution intérieure modifiée, tandis que la façade sur rue perd son dernier étage médiéval en pan de bois, remplacé par un étage intermédiaire. Ces transformations altèrent partiellement les arcades gothiques du rez-de-chaussée, dédiées à des boutiques. La maison, initialement plus vaste, appartenait à des familles influentes de l’élite toulousaine, comme les Bénazet ou les Benoist, avant d’être divisée en 1650.

Des campagnes de restauration menées après 1990, notamment en 1998, ont permis de retrouver partiellement son aspect originel. Les fresques médiévales redécouvertes en 1991 et les études architecturales ont révélé la qualité des constructions du XIVe siècle, ainsi que des peintures murales géométriques contemporaines de l’édifice. Classée Monument Historique dès 1923 pour son deuxième étage, la maison a vu son classement étendu à l’ensemble du bâtiment en 1997. Aujourd’hui, elle témoigne à la fois de l’artisanat médiéval toulousain et des évolutions architecturales des XVIIe et XXe siècles.

La façade, longue de 14 mètres, se distingue par ses cinq baies géminées du deuxième étage, ornées de chapiteaux sculptés représentant visages humains, monstres, et feuillages. Deux bandeaux sculptés, richement décorés de scènes musicales, de chasse, et d’écussons, courent sur toute la largeur. Le troisième étage, ajouté en 1923, contraste par son absence de décoration. À l’intérieur, la grande salle du deuxième étage, équipée d’une cheminée monumentale, s’ouvrait sur des pièces secondaires comme une chambre aux rosaces noires et rouges, et un escalier en vis menant aux niveaux supérieurs.

La maison a traversé les siècles en changeant de propriétaires, souvent liés à l’aristocratie parlementaire toulousaine. Parmi eux, Jacques Bénazet (1477), membre d’une famille de capitouls, ou Clément-Marie Leblanc, conseiller au Parlement exécuté pendant la Terreur en 1794. Ces familles ont marqué l’histoire de l’édifice, entre agrandissements, divisions, et adaptations aux usages résidentiels ou commerciaux. Les traces de ces occupations successives, comme les modifications du XVIIe siècle ou les ajouts du XXe, en font un palimpseste architectural.

La cave médiévale, remarquable par son volume, et les élévations sur cour, couronnées d’une corniche à trois ressauts, complètent cet ensemble. Les peintures murales géométriques du deuxième étage, redécouvertes en 1991, confirment la datation de la construction à la charnière des XIIIe et XIVe siècles. Malgré les altérations subies, la maison romano-gothique reste un témoignage précieux de l’habitat urbain toulousain médiéval, alliant fonctionnalité marchande et résidentielle dans un décor sculpté d’une rare originalité.

Liens externes